L'Histoire de l'Aérostation commence réellement à la fin du XVIIIe siècle. Les premières expériences de vols de ballons rempli d'air chaud ont été effectuées en présence du roi Jean V du Portugal, en août 1709, par un prêtre brésilien, Bartolomeu Lourenço de Gusmão. Le ballon construit en papier aurait atteint une hauteur de 4 mètres. Puis, les frères Montgolfier font leurs premiers essais avec un ballon de papier rempli d'air chaud en 1782.
 
 
LES BALLONS DE PAPIER
 
 

Dans toute l'Amérique du Sud et particulièrement au Brésil, dans la zone nord de Rio, il y a une tradition qui consiste à fabriquer et faire voler des ballons en papier.

C’est Etienne Chambolle, réalisateur du film «Les ballons pirates de Rio», qui en parle le mieux :

" A Rio de Janeiro, des milliers de personnes fabriquent secrètement, au fond de leur garage des ballons de papier géants (plus de 60 mètres de hauteur). Alchimie du papier, de l’air et du feu, les ballons pirates hantent le ciel avec leurs dessins impressionnants.
Mais depuis peu, leur activité est passible de prison. Pourtant les fabricants de ballon, les « baloeiros », continuent à faire s’envoler leurs rêves démesurés au-dessus de la plus belle baie du monde."

A l’origine, il n’y avait au Brésil que de petits modèles, le ballon de juin, qui était une activité familiale. Peu à peu il devenu de plus en plus imposant et dans les années 80, il a pris des proportions réellement monumentales

Les ballons en papier qui s’élèvent dans le ciel à la manière des montgolfières sont une vraie passion pour les brésiliens.

     
     
Ils sont aussi l'occasion de grands rassemblements festifs, bien qu’interdits depuis 1998.  En effet, cet artisanat est regardé d’un mauvais oeil par les autorités publiques brésiliennes, qui les accusent de déclencher des incendies de forêt. Mais les « baloeiros » tiennent à leurs traditions... Certaines réalisations ont nécessité plusieurs mois, voire des années de travail monumental et minutieux, pour un instant de grâce de quelques dizaines de minutes… le temps de l’envol.
 
     
Tura, le baloeiro du film d’Etienne Chambolle, avoue " On dit souvent que Dieu est Brésilien. Moi je dis : Brésilien et fabricant de ballons, Baloeiro ". Il ajoute : quand on fait voler un ballon "l’émotion est indescriptible quand on voit le ballon s’élever et illuminer les nuits ou l’aube. Il faut le vivre et l’éprouver au plus profond de soi " Face à l’interdiction des ballons, il déclare : " ils m’ont anéanti, ils m’ont privé d’air ".
 
     
Pour les fabriquer, les « baloeiros » utilisent du papier de soie. Ce sont de véritables sculptures en papier. Il n’y a ni encre, ni peinture. L’atelier de fabrication, pour un baloeiro, c’est comme un sanctuaire. Les photos ci-dessus montrent le travail impressionnant pour concevoir un ballon de papier. Pour réaliser un motif des petits carrés de papier sont collés bord à bord. C'est la même technique pour les ballons géants. On réalise l'échelle avec la photo centrale.

Les brûleurs sont fabriqués maison, avec de la toile, du tissu, du coton, imbibé de paraffine. Ils sont ensuite suspendus sous le ballon pour maintenir l’air chaud.
 
     
       
Pour le ballon de juin, il suffit d’une ou deux personnes pour l’envol. L'une tient le ballon déplié et vertical, en le maintenant par le sommet. L’autre vérifie que la mèche est bien centrée et loin de l'enveloppe puis l'allume.

Le ballon se gonfle alors et devient très léger. Il doit monter seul lorsqu’on le lâche.

Dès que la mèche s'éteint, le ballon refroidit et retombe au sol. Par contre, il faut être nombreux pour lancer un ballon de papier géant.

Le ballon craint la pluie et le vent, même relativement faible, car le risque est que le ballon se « balance » et s'enflamme.

Ces ballons multicolores de toutes tailles et formes peuvent élever des bannières à l’effigie de sponsors ou de clubs sportifs. (photo de droite).
Quand ils volent de nuit, ils sont illuminés avec des bougies. Nous vous conseillons le site de Turma del Plata, site brésilien avec des plans pour fabriquer des petits ballons et de superbes photos. Et aussi l'excellent film d'Etienne Chambolle, émouvant, qui montre la vie des Baloeiros, leur culture et leur passion pour les ballons. Vous pouvez vous procurer le film "les ballons pirates de Rio" sur flightmovie.com/ (ci-dessous à gauche un extrait de 7mn du film qui dure 54mn)
 
Plus près de nous en France, L'association Ballons Pirates a pour but de promouvoir les arts volants. Ce collectif expérimente des ballons en papier et solaires depuis quelques années. Autodidactes, ils développent un savoir-faire et des techniques
 

 
empiriques dans une discipline où les pratiquants sont rares en France. Ils ont basés en région Parisienne et en Rhône-Alpes, réalisent des démonstrations de vol de ballons construits sur mesure. Ils proposent également des ateliers pédagogiques ainsi que des formations techniques. Vous pouvez contacter l'Association Ballons pirates : ballonspirates**AT**voila.fr (noubliez pas de remplacer **AT** par @)
 
 
LES BALLONS SOLAIRES
 
 

Dans la famille des aérostats, le ballon solaire fonctionne aussi comme une montgolfière très légère mais qui n’utilise ni brûleur, ni aucune autre source de chaleur exceptée celle fournie par le soleil.

Comme les autres aérostats, le ballon solaire est en sustentation grâce à la poussée d'Archimède. L’énergie solaire est gratuite et importante. Il suffit de transformer le rayonnement solaire en rayonnement infrarouge.

C'est pourquoi l’enveloppe des ballons doit impérativement être noire afin de capter la chaleur des rayonnements solaires.

On utilise un film de polyéthylène noir assez fin, d'une épaisseur de 15 à 20 microns. Une épaisseur de 30 microns ou plus donne à l'enveloppe une masse trop grande pour avoir des performances satisfaisantes.


Photo de gauche : ballon solaire d'Emmanuel Laurent (Envols à Meudon)
Photo de droite : ballon solaire de Christophe Praturlon, il installe un dispositif de photographie aérienne (site de Christophe)
reportage Carnet de Vol sur son activité : l'aérostation solaire

     
Pour des ballons de taille modeste, des sacs poubelles noirs sont souvent utilisés. Pour de plus gros ballons, on utilise une large bobine de film polyéthylène afin de limiter la quantité de raccordements à faire entre les panneaux qui constituent les lés. Pour le raccordement des lés on peut utiliser du ruban adhésif ou la thermo-soudure.
 
 
Photos ci-dessus : après le découpage des lés et leur assemblage au décapeur thermique (thermo-soudure), on vérifie en intérieur les éventuels trous, fuites et mauvaises soudures en gonflant le ballon avec un ventilateur. Puis c'est le premier envol en extérieur. Photo de droite : le pingouin solaire de Joël Goupil
 

C’est en 1971 que Dominic Michaelis, un ingénieur anglais, fait le pari qu'une montgolfière peut voler seulement avec l'énergie solaire.

Il crée une première structure d'1 m3 avec une double enveloppe (transparente à l'extérieur, noir à l'intérieur). Les résultats sont bons : la différence de température est d'environ 27°C ce qui correspond à une poussée de plus de 100 gr par m3.

Il réalise alors un ballon de 10 m de diamètre qui peut déjà lever son fils (30 kg).
photo de gauche : ascension humaine par ballons solaire

Depuis 1977, le CNES (Centre National d'Études Spatiales) a mis au point le ballon MIR (montgolfière infrarouge) pour les vols scientifiques de longue durée dans la stratosphère.
(photo de droite : ballon MIR - CNES)

       
MIR utilise le principe de la montgolfière. Elle est soutenue par l’air chaud. Son enveloppe est chauffée le jour par le Soleil, lui permettant de monter jusqu’à 30 km d’altitude, et la nuit par le rayonnement infrarouge de la Terre. Bien que faible, la portance générée par l’effet de serre suffit alors à stabiliser le ballon à environ 20 km. Pouvant emporter jusqu’à 50 kg de charge utile, cet aérostat présente l’originalité d’osciller en permanence entre 2 altitudes pendant 2 à 3 semaines. Il est particulièrement intéressant pour étudier la stratosphère.
 
Après voir inventé une montgolfière gonflée à la vapeur d'eau, Jean-Paul Domen en 1996 fait breveter une montgolfière solaire de loisir.

Il effectue un premier vol non-captif sur une longueur de 300m sous un ballon solaire de 16m de diamètre.


Dans les années 98, à Medellin (Colombie), Alejandro URIBE veut faire évoluer la tradition des ballons de papier en utilisant le soleil pour les chauffer.
   
Au départ, il fabrique des ballons solaires en polyéthylène noir. Puis il utilise des polyéthylènes de couleur ainsi que des formes non-symétriques. (photo de droite)

Décembre 99, il gonfle une structure de 135m de long réalisée avec 250 kg de polyéthylène et 17 km de ruban adhésif. Le public est nombreux, la presse et la télévision sont aussi présentes. C'est le plus grand ballon solaire jamais réalisé.
     
Depuis 2001, au mois de décembre, Alejandro organise "Fiesta del Globo Solar". (ci dessus vidéo de gauche)

En 2001, Laurent Besset, référence française en matière de ballon solaire, invente une platine électronique de régulation de l'altitude et réalise cinq vols libres en Mauritanie.

Pour tout comprendre sur le ballon solaire, nous conseillons de voir son site : ballonsolaire


La NASA étudie la possibilité d'utiliser les ballons solaires pour l'exploration de la planète Mars et même de Jupiter, Saturne et de son satellite Titan.

photos droite et gauche : Rassemblement et vols de ballons solaires à Meudon en juillet 2006